Un projet qui se concrétise et ma présence sur la toile se limite. Je ne voudrais pas, chez moi, vous abandonner.
Aussi, je vous offre ceci, pour attendre mon retour...
Le soir est tombé Sur les champs déserts, Le vallon bombé, Et le ruisseau vert, Et j'ai vu danser Derrière les faux plis De roseaux cassés, Les ombres embellies D'elfes malhabiles Ivres de chansons, Chansons qui défilent Au creux des buissons.
Le soir est tombé. Le ciel, qui module Des teintes dérobées Quand les feuilles ondulent Sous les blancs nuages, Plante ses étoiles, Lumière du voyage Des bateaux sans voile...
Le voile de la nuit Se lève déchirant Tout au loin un point luit A l'étoile d'orient Le rêve se poursuit Jusque dans l'océan Que le vent enveloppe D'un long soupir amer Et quand l'horizon boit La nuit comme un alcool Et crache des étoiles Qui chutent dans le vide Moi je bois tes regards Et ton sang et ton âme Et l'haleine éthérée Ivre de ton amour Dépendante je suis En retardant l'aurore...
La vieille horloge bat la mesure Du temps qui glisse sous la porte Petit à petit la masure Est comme un coeur sans aorte Sans bruit la longue inexistence Suinte des pierres qui font les murs Comme un enduit fait du silence De ceux qui furent et ne sont plus La vieille horloge secoue le vide Par a-coups comme par hasard Et sous les tempes c'est un solide Qui tape et frappe dans un brouillard...
Hé oui, encore un tag ! J'abandonne un instant la poésie pour y répondre... il m'était impossible de bouder cette invitation !
Lorsque l'on part en vacances ou en voyage, nous nous obstinons à envoyer des cartes postales aux amis, à la famille. Mais soudain c'est l'angoisse ! Qu'allons nous écrire et comment ? Humoristique, poétique, pragmatique, euphorique...
Je vous livre quelques textes piochés sur la toile et susceptibles de vous aider à remplir la carte blanche.
Cultivé : - Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer. (Aristote) - Chaque voyage est le rêve d'une nouvelle naissance. (Jean Royer ) - Le charme de voyager, c'est d'effleurer d'innombrables et riches décors et de savoir que chacun pourrait être le nôtre et de passer outre, en grand seigneur. (Cesare Pavese )
Rapide : - ça va. ça va même très bien : trop dur d'écrire. - Meilleures amitiés de .. - 24° la mer, 28° le soleil, 12° le rosé = 64° de bonheur.
Humoristique : - Le sable blanc, la mer turquoise, le ciel bleu, et moi tout rouge - C'est tellement bien que je ne pense pas du tout à vous. Aussi ne vous étonnez pas si vous ne recevez pas cette carte.
Mais finalement comme le disait si finement Sacha Guitry : " Pourquoi, dans les régions où l'on passe, s'applique - t - on à choisir douze cartes postales différentes et douze textes différents puisqu'elles sont destinées à douze personnes différentes ?"
Mais qu'importe ce que l'on écrira, l'essentiel est de le faire, n'est - il - pas ?
Ô Jack, ô désespoir, ô épreuve insensée Qu'attends tu donc de moi pour me tagguer ainsi Faut-il donc pour cela que je dévoile mon âme Faut-il donc pour cela que je ravive mes sens En puisant tout au fond de mon océan bleu Des souvenirs tranchants qui déchirent mon coeur Tu veux que je te parle de mes amours passées Le premier le plus beau et même un subreptice Mais que dirais tu donc si au creux de l'oreille De mon souffle encore chaud d'une mémoire vibrante Je te contais aussi tous ces endroits magiques Où deux corps hors d'haleine rencontraient le summum. Ô cruel souvenir de ma gloire passée ! Comte, sois indulgent, accorde ta clémence Ne me demande point de dévoiler aussi Les amours de la toile fatales à mon honneur. Je me tais à présent, me retire vaincue. Toi seul Comte a perçu ce que j'ai susurré Va cours vole et recherche dans ton imaginaire Ce que j'ai pu confier au taggueur de ces dames...
En cette fin d'été, Georges Sand aurait pu écrire ceci à Alfred de Musset :
Si vous saviez Monsieur comme je veux vous aimer Si vous saviez Monsieur comme mon corps frémit Dans l'attente de vos mains effleurant tout mon être Si vous saviez Monsieur comme je veux vous faire taire En posant sur vos lèvres ma bouche qui vous réclame Si vous saviez Monsieur que chaque instant qui passe Me rapproche de vous et m'en éloigne un peu Parce qu'il y a l'amour mais la raison aussi Si vous saviez Monsieur ce que je voudrais dire Mais que je ne peux point, alors en attendant Je vais vous prendre au mot et vous laisser y croire... Je voudrais vous aimer vous comprenez l'inverse Mais peut être est ce vous qui clamez votre "non" Au travers de mes mots que vous n'entendez pas...
Mon retour en douceur et en alexandrins, pour vous plaire, je l'espère...
Je m'en vais quelques temps Quelques jours seulement Peut être plus longtemps Loin de tout Loin de vous. Une enfant des grands froids Sera là près de moi, C'est pour construire ses rêves Que je vous abandonne. C'est à l'éloignement qu'il faut un avantage, Penser, pour mieux revoir le ciel de vos visages.
J'aimerais vous offrir un des poèmes de Renée Vivien, poétesse parnassienne de la Belle Epoque, poème qui touchera, d'une manière ou d'une autre, la sensibilité de chacun. La presse, admirative de son talent, était déroutée devant des révélations qui furent bientôt plus connues que son oeuvre, oeuvre malheureusement boudée, parce qu'intransigeante, militante, autant que dérangeante. Elle a pourtant pris une dimension profondément novatrice en osant aborder, à la fin d'un XIXème siècle pudibond, le délicat sujet du saphisme. Renée a très peu vécu, a tout donné à l'art, son courage l'a tuée... il nous reste son immense talent !
Chuuut ! Lisez à présent...
Je possède, en mes doigts subtils, le sens du monde, Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix, L'harmonie et le songe et la douleur profonde Frémissent longuement sur le bout de mes doigts.
Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles, Je partage leur vie intense en les touchant, C'est alors que je sais ce qu'elles ont en elles De noble, de très doux et de pareil au chant.
Car mes doigts ont connu la chair des poteries La chair lisse du marbre aux féminins contours Que la main qui les sait modeler a meurtries, Et celle de la perle et celle du velours.
Ils ont connu la vie intime des fourrures, Toison chaude et superbe où je plonge les mains ! Ils ont connu l'ardent secret des chevelures Où se sont effeuillés des milliers de jasmins.
Et, pareils à ceux-là qui viennent des voyages. Mes doigts ont parcouru d'infinis horizons, Ils ont éclairé, mieux que mes yeux, des visages Et m'ont prophétisé d'obscures trahisons.
Ils ont connu la peau subtile de la femme, Et ses frissons cruels et ses parfums sournois... Chair des choses ! J'ai cru parfois étreindre une âme Avec le frôlement prolongé de mes doigts...
Elle avait fait irruption dans sa vie à la manière d'une de ces tempêtes équatoriales, un ouragan venu de la mer pour balayer un continent et son mur de richesse et de pondération. Ce jour là, inoubliable, elle avait dansé, elle avait chanté de sa voix vibrante, elle avait fait glisser ses vêtements si fins sur ses épaules puis sur ses cuisses. Elle était venue à lui avec la tendre férocité du félin amoureux de sa proie. Elle était déesse, sirène, amante. Son corps était agile. Au cours de ses rêveries les plus folles il n'avait jamais imaginé une telle femme... Les reins arqués, elle répondait sinueusement aux impérieuses pulsations et lançait vers le ciel de doux murmures d'acceptation. Puis elle s'endormait quelques instants pour revenir ensuite, exigeante, dans un nouvel orage d'abandon. Ardent et affamé d'elle, il s'étonnait malgré tout, de sa tendre intrépidité, de cette science innée. "Où diable as tu appris cela ?" murmurait-il, ravi et submergé. "Ces choses là ne s'apprennent pas, elles se ressentent... je veux plonger très loin à la recherche de toutes les perles cachées au fond des océans... je veux faire tout ce qui ne s'apprend pas." répondait-elle doucement en se laissant emporter par les vagues du plaisir qui la secouait comme une voile légère dans le vent du sud. Ses longs cheveux lui caressaient la gorge, ses bras l'enlaçaient comme pour l'éternité. Son corps flexible luisait de sueur... Elle était la sirène qui l'entrainait tout au fond du mystère de la mer. Pour la première fois il s'était senti plus grand que la vie. Mais quelques mois plus tard, elle a repris la barre, a rompu les amarres pour offrir son corps à d'autres océans. A ce souvenir de cette tranche de vie, allongé sur le sable encore frais, il tourna son regard vers l'horizon qui s'éclaircissait, baignant les vagues d'un doux reflet nacré. Il sourit... Une baleine qui meurt, tourne toujours la tête vers le soleil... Mais lui avait choisi de vivre avec ce souvenir, et peut être qu'un jour...
Bérénice est une rêveuse épicurienne. Dans ses moments de liberté intellectuelle, elle se plaît à cueillir le jour présent et souhaite, au travers de son espace, le partager avec vous.
J'ignore la tournure que prendra cet espace virtuel d'échange et de liberté. Dans un premier temps je l'offre à tous ceux qui souhaitent s'épancher sur les choses de la vie. Les débuts de ce blog seront peut être difficiles mais à chaque jour suffit sa peine...donc soyez patients et indulgents. Je suis novice en la matière, aussi les conseils seront les bienvenus !